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La Grèce s’apprête à célébrer les Philhellènes français pour son bicentenaire

Publié le : 23/10/2020 11:38:44
Catégories : Découvrir la Grèce et la Messénie

La Grèce s’apprête à célébrer les Philhellènes français pour son bicentenaire

Cet anniversaire est une occasion de revenir sur le mouvement Philhellène né durant la guerre d'indépendance qui a mené le pays à se libérer après quatre cents ans de joug ottoman.

 

Philhellène

Du grec ancien φιλέλλην, philéllên ("qui aime les Grecs, ami des Grecs", "Amour de la Grèce").

Le mot est utilisé pour qualifier des personnes qui apprécient les grecs ou des partisans de la révolution grecque (1821-1829). En Europe les Philhellènes furent à l'origine du mouvement d'aide morale, matérielle et militaire aux Grecs durant la guerre d'Indépendance qu'ils menèrent contre les Turcs de 1821 à 1829.

Tout au long de l'histoire, nombreux furent ceux qui ressentirent un amour de la Grèce, depuis l'empereur romain Hadrien, jusqu'à Jacques Lacarrière par exemple. Parmi eux nombre de français se sont engagés (Hector Berlioz, Victor Hugo, Eugène Delacroix...), à travers leurs œuvres ou leurs actions, aux côtés des Grecs. Leurs contributions ont été déterminantes dans la naissance de la Grèce moderne.

 

Retour sur la révolution

En 1821, les Grecs s’étaient révoltés contre l’occupation ottomane. Ils avaient d’abord remporté de nombreuses victoires et proclamé l’indépendance. Cependant, celle-ci contrevenait aux principes du Congrès de Vienne et de la Sainte Alliance qui imposaient un équilibre européen et interdisaient tout changement.

Le soulèvement libéral et national ne convenait pas à l’Autriche. Cependant, la Russie était favorable à l’insurrection par solidarité religieuse orthodoxe et par intérêt géostratégique. La France avait une position ambigüe : les Grecs, certes libéraux, étaient d’abord des Chrétiens, et leur soulèvement contre les Ottomans musulmans pouvait ressembler à une nouvelle croisade. La Grande-Bretagne, pays libéral, s’intéressait surtout à la situation de la région sur la route des Indes et Londres désirait pouvoir y exercer une forme de contrôle et ne souhaitait pas voir la Russie s'y imposer.

Les victoires grecques avaient été de courte durée. Le Sultan avait appelé à l’aide son vassal égyptien Mehemet Ali qui avait dépêché en Grèce son fils Ibrahim Pacha avec une flotte et, dans un premier temps, 8 000 puis 25 000 hommes. L’intervention d’Ibrahim fut décisive : le Péloponnèse avait été reconquis en 1825 ; le verrou de Missolonghi était tombé en 1826. Athènes avait été prise en 1827. Il ne restait plus alors à la Grèce que Nauplie, Hydra et Égine.

Face au courant d’opinion philhellène qui se développa en Occident, il fut décidé d’intervenir en faveur de la Grèce. Par le traité de Londres de juillet 1827, la France, la Russie et le Royaume-Uni reconnurent l’autonomie de la Grèce qui resterait vassale de l’Empire ottoman. Les trois puissances se mirent d’accord pour une intervention limitée afin de convaincre la Porte d’accepter les termes du traité. Une expédition navale de démonstration fut suggérée et adoptée. Une flotte conjointe russe, française et britannique fut envoyée pour exercer une pression diplomatique sur Constantinople. La bataille de Navarin, entraîna la destruction de la flotte turco-égyptienne. Une expédition terrestre fut ensuite proposée par la France à la Grande-Bretagne qui refusa d’intervenir elle-même directement. Cependant, la Russie avait déclaré la guerre à l’Empire ottoman et ses victoires militaires inquiétaient Londres qui ne désirait pas voir l’empire des Tsars descendre trop au sud. La Grande-Bretagne ne s’opposa donc pas à ce que la France intervînt seule. Ce fut l'Expédition de Morée.

 

L’engagement helléniste

En Europe occidentale, la cause grecque devint le symbole du combat des libéraux. Un courant de sympathie pour les Grecs insurgés parcourut leurs rangs. Ce combat étant considéré comme l’incarnation de la liberté, du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et la lutte contre l'oppression d'une monarchie conservatrice et archaïque…

Au-delà de l'idée de croisade contre les infidèles ottomans, ce fut l'héritage classique qui fit que bon nombre d'occidentaux épousèrent la cause grecque. Louis Ier de Bavière exprima bien cette idée : « L’Europe a une dette énorme envers la Grèce. [...] C'est à elle que nous devons les Arts et les Sciences. »

Les philhellènes s'organisèrent en comités un peu partout en Europe et en Amérique. Leur principale activité fut de lever des fonds pour acheter des armes. Leur livraison fut confiée à certains d'entre eux. Jean-Gabriel Eynard fut l'un des principaux philhellènes.

Le comité philhellène français devint rapidement le plus important d'Europe. En trois ans, il réussit à réunir £65 000 qu'il fit parvenir en Grèce. La situation particulière de l'insurrection grecque fit que toutes les opinions politiques : républicains comme royalistes ; toutes les classes sociales : bourgeois, ducs, sergents ou généraux, appartenaient au comité.

La Fayette donna 5 000 Francs. Il essaya aussi de rallier à la cause grecque les États-Unis, où il avait des contacts depuis leur guerre d'indépendance.

Il faut préciser que le nombre réel de philhellènes engagés en Grèce même fut relativement restreint. On estime que 940 philhellènes, toutes nationalités confondues, se seraient rendus en Grèce dans le but de participer à la guerre d'indépendance. L'impact du philhellénisme vient donc aussi de formes d'engagement autres qu'un engagement armé direct. Certains utilisèrent leur célébrité pour faire progresser la connaissance de la cause grecque. Ils usèrent aussi de leur art pour susciter l'émotion en faveur des Grecs insurgés.

En 1824-1825, la publication des Chants populaires de la Grèce par Claude Fauriel fit connaître à l'Occident les klephtes qu'il décrivait dans sa préface.

En 1825-1826, Hector Berlioz écrivit une Scène héroïque (La Révolution grecque).

Le peintre Claude Bonnefond, réalisera trois tableaux : L'Officier grec blessé (1826) s'inspire de la culture grecque, un Autoportrait en bonnet grec (1828) et La Cérémonie de l'Eau-sainte dans l'église Saint-Athanase à Rome (1830).

Après la chute de Missolonghi, le courant de sympathie pour la cause grecque s’amplifia. La mort en martyr de Lord Byron (célèbre poète Britannique, mort à Missolonghi en 1824), avait déjà nourri le philhellénisme. Les plus célèbres d'entre les artistes mirent leur art au service de la cause grecque. Leur propagande maintint vivant l'intérêt occidental pour l'insurrection.

Ainsi, Chateaubriand écrivait dans sa « Note sur la Grèce » (où il appelait à aider la Grèce insurgée) qui précède en 1826 son Itinéraire de Paris à Jérusalem :

« Missolonghi, presque sans fortifications, repoussant les barbares entrés deux fois jusque dans ses murs ».

« On aime encore à espérer que Missolonghi n'aura pas succombé, que ses habitants, par un nouveau prodige de courage, auront donné le temps à la chrétienté enfin éclairée de venir à leur secours. Mais s'il en était autrement, chrétiens héroïques, s'il était vrai que, près d'expirer, vous nous eussiez chargé du soin de votre mémoire, si notre nom avait obtenu l'honneur d'être au nombre des derniers mots que vous avez prononcés, que pourrions-nous faire pour nous montrer digne d'exécuter le testament de votre gloire ? Que sont à tant de hauts faits, à tant d'adversités, d'inutiles discours ? Une seule épée tirée dans une cause si sainte aurait mieux valu que toutes les harangues de la terre. »

Victor Hugo écrivait dans ses Orientales (« Les Têtes du Sérail ») en 1826 :

« Frères, Missolonghi fumante nous réclame,
Les Turcs ont investi ses remparts généreux.
Renvoyons leurs vaisseaux à leurs villes lointaines.
(...)
Missolonghi ! - Les Turcs ! - Chassons ô camarades,
Leurs canons de ses forts, leur flotte de ses rades. »

Toile d'Eugène Delacroix

Eugène Delacroix fit avec sa Grèce sur les ruines de Missolonghi (1826) le même triomphe avec Scènes des massacres de Scio (1824). Chateaubriand et Palmerston prononcèrent des discours en faveur de la Grèce dans leurs parlements respectifs. L'archéologue et antiquisant allemand Niebuhr fit des discours qui permirent de récolter des fonds pour les comités philhellènes allemands. Le Suisse Jean-Gabriel Eynard et le roi Louis Ier de Bavière dépensèrent une partie de leur fortune pour racheter les femmes et enfants de Missolonghi vendus comme esclaves en Égypte. Alexandre Pouchkine quant à lui défendit la cause de l'insurrection en Russie. Émile Souvestre se fit connaître grâce à sa pièce de théâtre Le Siège de Missolonghi en 1828.

 

Les Philhellènes en quelques dates

  • Fin août 1821 : Fondation du premier comité philhellène en Europe : celui de Stuttgart. Les fondateurs en annoncèrent la création avec un texte écrit en grec ancien
  • 28 février1823 : Fondation du comité philhellène de Londres par John Cam Hobhouse.
  • fin 1824-1825 : Fondation du comité philhellène de Paris.
  • 1825, la Société des douze constitue un comité hellénique à Bruxelles. Le comité philhellène de Bruxelles a ensuite été constitué.

 

 

Enfin, pour rendre hommage aux Philhellènes d’hier et d’aujourd’hui, le Comité « Grèce 2021 » mis en place par le Premier Ministre pour la coordination de l’événement, a créé une plateforme spéciale pour la soumission des propositions (en grec ou en anglais) : https://apply.greece2021.gr/afin que chacun puisse participer activement à promouvoir la Grèce partout dans le monde.

 

 

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