Yannis Vlahos : 20 ans d’apiculture et le tournant du bio

Au Comptoir de Messénie, Maud Marchal et l’équipe LCDM travaillent aujourd’hui avec plus de soixante-dix producteurs aux quatre coins de la Grèce. Notre boussole ne bouge pas d’un millimètre : le « bon, beau et sain ». Des produits gourmands et exigeants, avec une courte liste d’ingrédients. Ici, seuls les véritables coups de cœur entrent au catalogue.

Et puis, il y a ces producteurs qui ne sont pas seulement des partenaires : ce sont des compagnons de route. Des femmes et des hommes qui nous ont vus naître et qui sont toujours là, vingt ans après. Parmi eux, l’apiculteur Yannis Vlahos.

Une rencontre (presque) par hasard, en 2006

Retour en 2006. À l’époque, l’histoire se construit, comme souvent en Grèce, au gré des rencontres et du bouche-à-oreille.

 « J’ai obtenu ses coordonnées auprès d’un petit épicier installé sur la place de Kalamata », se souvient Maud.

La suite s’enchaîne vite. Yannis accueille Maud avec cette générosité qui en dit long. Il l’emmène voir ses ruches, plus loin, en pleine nature, dans les montagnes de Tríkorfo, en Messénie.

Yannis Vlahos n’a pas toujours été apiculteur. Il a d’abord été ingénieur. Puis, un jour, l’envie de se rapprocher de la nature devient plus forte que tout le reste. Sa passion le ramène là où il est aujourd’hui : au cœur des paysages messéniens, dans un quotidien rythmé par les saisons et les floraisons.

La conversion au bio : une étape et un aboutissement

Avant les démarches, avant les labels bio, il y a une manière de travailler : Yannis a toujours produit de façon naturelle, loin de toute pollution. Vingt ans après cette première rencontre, son engagement prend une nouvelle dimension : ses miels sont désormais certifiés biologiques. C’est une étape importante : non pas une médaille décorative, mais la reconnaissance d’un travail de fond. Le bio, lorsqu’il est mené sérieusement, demande de la constance, des procédures, de la traçabilité, des contrôles et une discipline.

Une collaboration durable tient à deux choses : une qualité irréprochable et une capacité à avancer ensemble sans jamais rogner sur l’essentiel. Dès le départ, Yannis a adapté ses étiquettes à la réglementation française (valeurs nutritionnelles, code-barres, traduction). C’était tout nouveau pour lui aussi, et il a fait preuve d’un sérieux très concret. On se souvient également de la première commande, passée par fax en 2006.

Petite anecdote : un souvenir de Kalamata

Pour sceller cette rencontre, Yannis a offert à Maud deux présents très symboliques : une plaque d'Archaia Messinia, clin d’œil à leurs débuts et un foulard de soie.

Un cadeau qui prend tout son sens à Kalamata, longtemps surnommée la « ville de la soie », où l’on tisse encore des foulards sur des métiers en bois, au monastère de Kalograion.

Et puisque l'on parle de foulard, impossible de ne pas penser au chant traditionnel San pas stin Kalamata, qui évoque le retour sain et sauf d’un voyageur, à qui l’on demande de rapporter un beau foulard de soie de Kalamata.

« Όταν πας στην Καλαμάτα και γυρίσεις ασφαλής, φέρε μου ένα μαντήλι να το δέσω στο λαιμό μου, ω, ένα ωραίο μεταξωτό. »

« Quand tu iras à Kalamata et que tu reviendras sain et sauf, rapporte-moi une écharpe à nouer autour du cou, oh, une belle écharpe en soie. »

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